Gironde : La révolution des formations viticoles pour surmonter la crise du secteur
Dans le vignoble bordelais, la bouleverse des formations viticoles se fait sentir comme jamais. Face à une
crise
persistante qui a vu les effectifs des écoles spécialisées diminuer, les établissements du secteur s’organisent pour s’adapter aux évolutions nécessaires. Tandis que des hectares de vignes disparaissent, les recruteurs se battent pour attirer des talents malgré une réputation en déclin. Ce changement s’accompagne d’une volonté de
diversification
des programmes d’études. Au cœur de cette transformation, l’objectif est de préparer la relève face aux défis futurs tout en maintenant la
richesse
et la
qualité
du secteur viticole girondin.
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EN BREF
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La viticulture en Gironde traverse une période tumultueuse, marquée par une baisse significative des effectifs dans les formations dédiées. Malgré la crise, les besoins en main-d’œuvre qualifiée demeurent une réalité. Face à ce défi, les établissements éducatifs s’adaptent et innovent pour attirer de nouveaux profils et répondre aux évolutions du secteur.
Une baisse préoccupante des effectifs
Depuis deux ans, la situation dans les établissements viticoles s’est progressivement détériorée. À Vayres, le directeur a observé une baisse nette des effectifs, notamment en BTS viticulture-œnologie. L’établissement qui comptait entre 28 et 30 élèves est tombé à une douzaine aujourd’hui. Une tendance similaire se dessine ailleurs, comme au lycée de Montagne, où la filière bac pro fait face à une chute brutale avec seulement sept élèves pour 19 attendus lors de la dernière rentrée.
Une crise structurelle mais des besoins persistants
Le recul des inscriptions s’inscrit dans un cadre de mutation profonde du vignoble bordelais. Entre 2023 et 2025, plus de 18 000 hectares de vignes seront arrachés en Gironde, conséquence d’une surproduction et d’une baisse de consommation. Malgré cette crise, les employeurs du secteur témoignent d’un besoin constant de main-d’œuvre qualifiée. Un paradoxe qui souligne la réalité d’une crise viticole durable, face à laquelle il est nécessaire de s’adapter et d’innover.
Des recrutements qui se poursuivent dans le secteur
Au sein des établissements, les recruteurs sont souvent présents, mais les candidats se font de plus en plus rares. Les jeunes et leurs familles se montrent moins rassurés face à l’avenir de la viticulture, tandis que les débouchés ne disparaissent pas. Les professionnels confirment que des cadres intermédiaires sont toujours recherchés. Bien que le nombre d’entreprises offrant des contrats d’apprentissage ait diminué, il reste possible pour les étudiants de trouver un contrat, juste avec un choix plus limité.
Le renouvellement des générations à l’horizon
Un autre aspect à prendre en compte est le renouvellement des générations. Plus de 50 % des professionnels devraient prendre leur retraite dans les cinq prochaines années, amenant avec eux de nouveaux besoins en main-d’œuvre. Même si le nombre d’offres est réduit actuellement, la promesse d’un emploi à l’avenir demeure forte. Ainsi, les établissements doivent se réformer pour répondre à ces futurs challenges.
Des formations en évolution pour répondre aux besoins actuels
Pour attirer de nouveaux profils, les établissements de formation, comme à Vayres, expérimentent des programmes innovants, tels qu’un BTS viticulture d’un an qui devrait ouvrir à la rentrée 2026. Cela vise à séduire des profils en reconversion, notamment ceux diplômés de bac +2 à bac +5 qui envisagent de reprendre une exploitation.
Diversification des contenus et compétences
L’évolution des programmes ne s’arrête pas là. Du côté de l’Agrocampus, l’accent est mis sur une diversification des contenus. Options autour de l’élevage, développement de l’œnotourisme et intégration du numérique font désormais partie du cursus. L’objectif est de créer des professionnels capables de s’adapter aux mutations du secteur. Le besoin d’expertise s’étend, et rien ne doit rester figé.
L’avenir de la viticulture bordelaise
Au lycée de Montagne, un bachelor en « génie agronomique et transition » est en préparation, axé sur la diversification durable. Former des cadres intermédiaires capables de penser la transformation du secteur viticole est une priorité. Bien que la vigne puisse diminuer, elle ne disparaîtra pas. Dans le Bordelais, un secteur viticole durable est tout à fait envisageable, avec des besoins en évolution, mais toujours aussi réels.
La formation ne se limite pas à la viticulture seule, elle intègre également une dimension plus large, affinant les compétences des étudiants pour qu’ils puissent naviguer dans un secteur en constante évolution. Cette approche holistique se veut être la clé pour surmonter la crise actuelle et affronter les défis de demain.
- Adaptation des formations : Mise en place de programmes de reconversion et d’apprentissage pour attirer de nouveaux talents.
- Diversification des contenus : Intégration de nouvelles options telles que l’œnotourisme, l’élevage et des formations liées au numérique.
- Renouvellement des générations : Plus de 50% des professionnels partant à la retraite dans les cinq prochaines années, créant de nouveaux besoins.
- Formation de cadres intermédiaires : Développement de compétences pour accompagner les transformations du secteur.
- Mécanisation et innovation : Préparation des étudiants à piloter des robots et à s’adapter aux technologies émergentes.
Gironde : Réformes des Formations Viticoles en Temps de Crise
La Gironde fait face à des défis sans précédent dans le secteur viticole, avec une baisse significative des effectifs dans les formations liées à la viticulture. Les établissements tels que le lycée viticole de Montagne et celui de Vayres notent une <strong diminution inquiétante du nombre d’élèves dans les filières BTS et bac pro. Leurs directeurs, comme Joël Schinazi et Karine Vallée, affirment que le nombre d’inscriptions a chuté, passant de 28-30 élèves à environ une douzaine dans certaines classes.
Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de mutations du vignoble bordelais, marked par un arrachage massif des vignes et une baisse de consommation de vin. Malgré ces difficultés, des opportunités persistent, puisque le secteur recherche toujours des professions qualifiées. Les employeurs continuent de recruter, notamment pour des postes de cadres intermédiaires.
Pour répondre à la crise actuelle, les établissements ajustent leurs programmes de formation en intégrant de nouvelles compétences. Le développement de l’ œnotourisme, de l’élevage, et même du numérique devient essentiel. Les écoles innovent et proposent des options variées, comme le nouveau bachelor à Blanquefort qui vise à attirer des apprenants aux compétences diversifiées.
À l’avenir, la transformation du secteur viticole dépendra de la capacité des institutions à former de nouveaux talents, prêts à s’adapter aux évolutions du marché. Avec plus de la moitié des professionnels appelés à prendre leur retraite prochainement, des besoins de formation émergent. Les jeunes générations, bien que moins présentes dans les formations traditionnelles, pourraient trouver leur place dans ces nouvelles orientations.